Pratiques Narratives

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Les Pratiques Narratives prennent naissance dans les années 80.

Michael White, l’un des principaux « bâtisseurs » de l’approche est un travailleur social australien.

Il a l’habitude d’accompagner les individus, les familles et les communautés.

Il aime aller à la recherche, comme dans un parcours de découverte, de la richesse de l’autre, des événements de sa vie, aller explorer la façon dont il a construit son identité.

Aller à la recherche de ce qui fait sens pour lui et mettre en lumière sa différence.

Pour faire face à l’histoire dominante, aux injonctions que le groupe social nous renvoie et aux pressions normatives qu’il inculque, il élabore des « cartes ».

Il élabore des cartes comme ces plans et guides de voyage dont on peut se servir nous-mêmes pour aller à la découverte de terres qui nous sont encore inconnues.

Lui, il s’en sert pour formaliser une approche permettant à celui qu’il accompagne de redécouvrir, d’explorer, d’élaborer une nouvelle représentation de sa propre histoire.

C’est à un voyage psychologique, politique et humain que nous invite Michael White.

Il nous réapprend, à travers une posture décentrée mais influente, qu’un problème rencontré par une personne est un … problème et non la personne elle-même.

Ainsi, certaines de nos difficultés prennent tout l’espace et l’on finit par donner une description de notre vie « saturée » par celles-ci avec des conclusions extrêmement négatives sur notre identité.

Son approche nous propose un chemin, des processus, un nouveau regard pour remettre en perspective notre histoire.

Au lieu de se conformer à la « position » qui avait été prise par d’autres pour la personne (ses parents, son manager, sa communauté…), il l’invite à aller revisiter ce qui est important pour elle.

Il va conduire des « conversations externalisantes » pour dissocier le problème et la personne, et objectiver le problème.

De la sorte, l’on arrête d’objectiver les personnes (combien de fois vous est-il arrivé d’entendre parler d’une personne dont on disait qu’elle était « dérangée » ou « inadaptée »).

De la même façon et à partir de cette position nouvelle, la personne peut visiter de nouvelles options, envisager des pistes alternatives. Elle n’est plus « réduite » à son problème.

On fait « parler » ce problème que l’on a mis à distance, souvent depuis longtemps, et qui peut s’exprimer plus librement, maintenant qu’il ne nous représente plus.

L’on comprend progressivement également qu’il évoque un moment que l’on n’a pas « digéré » et qui avait fini par se cristalliser, de notre propre histoire.

N’étant plus au centre du problème, n’étant plus le problème lui-même, nous pouvons aller découvrir ces moments de notre vie qui nous ont amenés à épouser les regards que les autres avaient de nous, à les faire devenir nôtres, à les associer à notre… personnalité.

Nous pouvons, à travers cette approche, aller également visiter des moments qui nous parlent des succès que nous avons pu aussi remporter, des actions signifiantes et symboliques que nous avons pu aussi réaliser.

Ainsi, de nouveaux liens, de nouvelles associations peuvent naître et repeupler ce paysage qui est le nôtre… Des images, des mots, des ressentis que l’on avait laissés de côté, qui constituent pourtant notre histoire et qui parlent aussi de notre beauté, de notre lumière, retrouvent leur juste place.

Et cette « conversation » ouvre un nouvel espace pour redevenir auteur et acteur de sa vie, plus en conscience de l’ensemble de notre histoire, qui s’étoffe progressivement.

Aller à la rencontre de cette approche, c’est revisiter, s’imprégner d’une lecture philosophique, mais aussi psychologique et anthropologique du monde nourrie par la pensée de personnages comme Gaston Bachelard, Gregory Bateson, Pierre Bourdieu, Jérôme Bruner, Gilles Deleuze, Jacques Derrida, Michel Foucault, Barbara Myerhoff, Lev Vygotski

C’est découvrir l’importance pour nous de ces « clubs de vie » qui façonnent ce que l’on nomme notre identité et d’apprendre à reconstruire ces lieux-là…

C’est pouvoir déposer devant d’autres personnes des parcelles de notre vie et de recevoir, en écho, ce qui peut faire sens pour nous


Quand le pas est trop grand et que l’on a du mal à dépasser une difficulté qui nous assaille et qui finit par polluer notre paysage et par prendre le devant de la scène au point qu’on ne parle plus que d’elle, que l’on s’identifie à elle…

Quand le pas est trop grand et que nous répétons, pour nous en sortir, ce qui est familier, ce que l’on a fait et qui a fonctionné à un moment, mais qui ne fonctionne plus …

À ce moment-là, celui qui accompagne, à travers cette perspective narrative, peut proposer un «échafaudage» pour permettre à celui qui lui fait face de s’écarter progressivement de ce qu’il connaît pour approcher un nouveau champ des possibles qui ne lui est pas aussi étranger que cela et qu’il redécouvre en explorant sa propre histoire.

Ce faisant, il prend conscience des pas qu’il pourra continuer à faire, sans échafaudage, sans tuteur et sans aide extérieure…




Pour aller plus loin …

Le dernier livre de Michael White « Cartes des pratiques narratives »(www.satas.com)

Un site de référence www.pratiquesnarratives.com

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Tags Tags :  Michael White   Histoire dominante   Carte   Politique   Conversations externalisantes   Auteur   Club de vie 

Commentaire(s) :

1. Par Hélène Mugnier le 12/09/2009
Merci bcp de ces éclaircissements lumineux sur les-dites pratiques narratives, très méconnues pour moi,on a là matière à s'affranchir très distinctement des travers du storytelling, et surtout à proposer vraiment une construction à partir des difficultés de parcours, échecs inclus, un réflexe peu courant et salutaire.
2. Par Wadih le 12/09/2009
Merci, Hélène, pour ton retour.

Tu mets le doigt sur ce qui me parait vraiment spécifique et "agissant" dans l'approche.

Ce qui m'a touché particulièrement dans ces pratiques narratives, c'est la façon dont les personnes qui en parlent évoquent leur auteur, Michael White. Je trouvais ça déplacé, pour tout te dire, dans un premier temps.

En découvrant le personnage, je comprends mieux cet attachement qu'il a pu créer ...

Ses multiples facettes, sa capacité face aux enfants à aller imaginer et à construire lui-même de jolies métaphores, à rester souple et attentif à ce qui se joue ... plutôt que de devenir le promoteur de sa propre théorie, laissent une belle image de ce qu’est la liberté dans l’action. Et dans le coaching, ce n’est pas vain de le rappeler …

Pour le plaisir, je retranscris ces quelques lignes.

Même s'il est conscient que ces cartes l'aident à "rendre possible l'exploration de territoires de vie négligés jusqu'à présent", M. White nous livre ...

"En tant qu'auteur de ces cartes, je tiens aussi à préciser que je ne les utilise pas pour policer mes conversations avec ceux qui me consultent.

Les conversations thérapeutiques n'obéissent à aucun ordre, et je ne fais aucun effort pour décider de la manière dont je vais réagir à ce qu'exprime quelqu'un avant qu'il ne l'ait exprimé."

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