Partager l’intime …

Coach,Liban,Curiosité,Intégrative,Liberté,Fluidité,IntimeJe suis coach depuis une douzaine d’années. Ca a commencé avec une demande, celle d’un PDG qui me proposais d’accompagner l’un de ses directeurs de production.

Je m’étais soustrait à cette demande du fait de ma compétence naissante de l’approche mais aussi, à l’époque, du fait du secteur, celui de l’armement…

J’ai grandi, dans ma première étape de vie, au Liban. Et pour fêter mes 5 ans, la guerre s’est déclenchée. Mes parents m’ont fait quitter définitivement ce joli pays à mes 10 ans et entre ces deux moments, j’ai eu tout loisir pour voir, entendre et ressentir ces armes qui engendrent destruction et mort.

Cette période a été aussi pour moi le terreau d’une vision du monde merveilleuse. La mort appelle la vie, l’écroulement appelle le relèvement …
En tout cas, il y a douze ans, je n’étais ni prêt à coacher ni à approcher ces lieux très fortement connotés pour moi et j’avais proposé à un coach « compétent » et intéressé de conduire la démarche.

Un incident de parcours a fait s’arrêter la démarche et le coaché m’a formulé une demande, celle que je l’accompagne, moi. Après l’étonnement, la peur de ne pas réussir, celle de ne pas vouloir réussir, j’ai décidé d’engager cette aventure.

Et je peux dire que finalement ce coaching ressemble à beaucoup d’autres que j’ai pu faire, hormis le fait qu’entre temps, j’ai travaillé sur mes représentations, mes croyances, ma vision du monde et qu’il m’est arrivé de ne pas accepter de coaching (et de m’y tenir) quand la question rentrait trop en résonnance avec une partie de moi que je n’avais pas encore assez assimilée.

Voilà, ce sont mes débuts dans le coaching. On peut dire que ca a commencé comme quelque chose que je n’avais pas choisi mais cette initiation au coaching a marqué ce qui a suivi.

J’ai pendant un temps coaché d’une façon épisodique et depuis ces quelques dernières années, mon activité s’est essentiellement orientée sur le coaching.

Quand j’ai commencé, le seul « instrument » que j’avais à disposition, c’était ce que j’étais devenu moi-même …

J’avais « tourné » dans un certain nombre de « cercles » lacaniens. Ces déambulations lacaniennes m’avaient permis d’être dans l’attention à l’Autre, cet autre et sa parole qui finit par devenir signifiante, sur le fil de la bande de Moebius …

J’ai engagé plusieurs démarches pour me développer moi-même tout en sachant que ce que je transporte dans ce lieu qu’est le coaching est et restera ce que je suis. Mes cassures, mes fragilités, mes forces et mon optimisme, mon envie …

Etre dans la présence à moi et à l’autre, sincère et attentif à ne pas être dans le jugement mais dans la sensation, l’intuition …

Au fil du temps, donc, ma curiosité m’a fait découvrir et approfondir de multiples démarches (systémiques, interactionnelles, symboliques, narratives, …) et en permanence, j’ai essayé de rendre ma pratique « intégrative », intégrative de tout ce que j’ai pu glaner sur le chemin …

J’aime ce métier et j’ai un sentiment profond de liberté quand je l’exerce.

Le chemin est long et faut-il « cent fois sur le métier remettre son ouvrage » …

Je me rappelle bien de ce moment où ce changement, qui s’était annoncé et qui était « frémissant », a fini par éclore ...

Pour la première fois, j’avais choisis en conscience là où je voulais être. C’était comme une révolution pour moi, un retournement, qui parle d’une acceptation de ce que l’on est et qui nous met en disponibilité pour ressentir ce que notre être intérieur nous livre, ce dont on a envie, besoin … Une transformation, un embellissement, une beauté retrouvée, faire la paix en soi … Ce chemin, qui ne cesse de m’emmener de plus en plus vers moi-même et de plus en plus en conscience avec les autres.

La vie n’est pas un long fleuve tranquille et les accidents de la vie ne m’ont pas épargné … crise du sens, chamboulement des sens, de l’émotion, de l’envie, recommencer à croire dans ce qui pouvait advenir … à travers les autres, aussi, qui portent leur blessures mais aussi … leur lumière.

Mon expérience antérieure m’avait aidé à me centrer et à agir en conscience.

Expérience de la méditation, travail sur le manque, travail sur mes valeurs et croyances, changement de voie professionnelle et personnelle aussi souvent que le besoin s’en fait sentir, lâcher prise à la réussite et à l’échec, un lâcher prise qui a l’allure, quelquefois d’un grand vertige et à d’autres moments d’une profonde centration.

Et des questions récurrentes …

D’où je tiens la pratique que je me suis constituée ? Dans quel état j’arrive ? D’où je parle ? Suis-je dans la fluidité ou la fermeture ? Que me reste-t-il à soigner ou à embellir ? Qui je suis quand je coache ? Qu’est-ce que je nourris mais aussi qui me nourrit ? A quelle intimité je laisse la place ? De quel sacerdoce je participe ?

Ces questions je les trouve indispensables dans ma démarche pour ne pas polluer cet espace que l’on libère pour l’autre de ce que l’on n’a pas digéré soi-même …

Savoir positionner le coaching demandé et celui que je pratique.

Etre plus conscient de ce que je fais … suis-je dans le bien être, la centration et la liberté retrouvée de l’autre ou bien est-ce que je participe à un coaching du « mieux-faire » ?

Apprendre à percevoir avec encore plus d’acuité les injonctions paradoxales où évoluent ceux que j’accompagne.

Et replacer le coaching dans son contexte et dans son histoire pour agir en conscience.

Le changement vient de nos forces fondamentales, nos moteurs internes, parfois oubliés. Il nous permet de devenir ce que nous avons choisi d’être.

Cette jolie invitation à devenir, je l’entends encore résonner ...

Un chemin sans fin, intérieur et en lien avec l’autre, exigeant et porteur de sa lumière …
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Commentaire(s) :

1. Par Lydia le 11/07/2009
Ton coaching et la façon dont tu en parles m'évoque davantage une démarche thérapeutique qu'un coaching tel qu'on l'entend habituellement. Je suis impressionnée par ta liberté pour parler lumière et ton désir de l'introduire dans l'entreprise.
Tu réalises tout ce que je m'imagine ne pas pouvoir faire dans ce contexte donné.
Je m'arrête parce que sinon, je sens que je vais me faire coacher.... sourire
2. Par Wadih le 12/07/2009
Merci, Lydia, pour ce regard que tu portes.

Merci aussi de nourrir par ton questionnement un sujet riche et sensible qui interpelle tous les coachs à un moment ou à un autre dans leur parcour.

J’apporte là ma vision sur le sujet.

Le coaché et le coach nourrissent un lien, une relation. Ce lien, il parle, il vibre, il résonne avec leurs propres histoires, qu’elles soient dans le champ personnel ou professionnel.

Pour moi, le coach ne répare pas, il n’investit pas le champ de l’histoire du client pour l’approfondir et « réparer », si cela est possible.

Il va agir pour permettre au coaché de prendre conscience de ses ressources, lui permettre d’étoffer son regard, celui qu’il porte sur sa propre histoire. Il va également valoriser, encourager tous les pas qui ont été accomplis …

Il n’est pas thérapeute mais son action peut être « soignante », il peut amener le coaché à « rejouer », en séance, certains scénarios. Il peut l’aider à aiguiser son oreille, son regard et ses sens pour entendre ce qui se joue. Et remettre en lien ces anciens scénarios avec ce qui se passe pour lui dans le présent pour agir, ici et maintenant.

Pour être un peu plus complet dans ma réponse, je te dirais que les approches de coaching sont souvent construites à partir de modèles thérapeutiques (thérapie brève, psychologie humaniste).

La demande, elle, elle émane de l’entreprise.

Or nous ne sommes pas « morcelés ».

Ce qui interagit dans le monde personnel résonne dans le monde professionnel et inversement.

Ce qui se joue ailleurs (professionnel, personnel), agit ici et maintenant, pendant la séance.

Cette mise en lumière nous permet de travailler sur ce matériau riche, nous permet de travailler sur certaines formes, certaines histoires inachevées.

Et pour moi, je peux dire par expérience, qu’il est essentiel aussi de permettre au coaché de s’ « aligner » à nouveau. S’aligner pour rester « cohérent » avec lui-même, en interrogeant le sens qu’il donne à son travail, les valeurs fortes et fondatrices qui lui permettent de rester lui-même dans la relation qu’il a avec l’œuvre qu’il construit …

Dans cet esprit-là, on peut aller plus loin encore que le « soin » puisque l’on considère l’être dans son ensemble. L’idée n’est plus de lutter contre une difficulté mais de rechercher une cohérence…

Quant à ce qui se joue en entreprise, est-ce vraiment différent de ce que l’on joue ailleurs ?


Deux articles sur ce sujet m'ont semblé passionnants dans « Le grand livre du coaching » (F. Bournois, T. Chavel, A. Filleron). Celui d’André de Châteauvieux « peut-on coacher le changement ? » et celui de Jean Touati « y a-t-il une place pour une pratique psychothérapeutique dans le coaching ? ».

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