L'autonomie

 autonomie-identite-creatrice














 







Se donner à soi-même la loi à laquelle on entend obéir. On pourrait commencer par cette première idée de l’autonomie.



Les lois et les règles de vie


Nous avons des règles de vie, qui valent dans un champ déterminé. Nos « lois », elles, se veulent universelles.

Trouver ses propres lois est un élan vers l'inconditionnel, c’est un besoin fondamental pour l’être humain. Notre raison cherchera toujours ce trésor de l'absolu. Elle doit le faire à travers l'action pour que cette recherche ne soit pas vaine, conceptuelle. Ce qui fait raisonner l'homme, la véritable raison, ne peut pas rester spéculative, elle se doit d'être pratique (Kant).

La raison de l'homme libre se génère d’elle-même, elle prend appui sur elle-même. Elle ne réside pas en une somme de connaissances acquises, mais dans l’exercice de sa liberté, dans le monde, en confrontant les connaissances acquises.

L’homme a toujours eu ce besoin de créer un « système total », de se donner une loi suprême mais ... ce n'est pas une mince affaire, "ça" résiste quand nous investissons notre monde...

 

Résistance


Si l’oiseau dans son vol n’était entouré d’air, s’il était entouré par du vide, s’il n’éprouvait aucune résistance, il ne pourrait voler. Ce qui soutient l'oiseau dans son vol c'est ce qui lui résiste.

À l’image de Méphistophélès qui rend visite au docteur Faust ... « Je suis l'esprit qui toujours nie », la résistance nous fait rentrer dans le réel. L'esprit qui dit « non » c'est l'obstacle qui permet à Faust de se mesurer à la résistance du monde et d’exercer sa force vitale.

Jusque-là, il recherchait la source, les lois « La raison recommence à parler, et l’espérance à luire ; on se baigne au ruisseau de la vie, à la source d’où elle jaillit. ». Méphistophélès est ce qui va lui permettre de passer du spéculatif à l’agir


Crise et investissement de soi


Comme dans cet enchainement, où le chien qui accompagne Faust se transforme en diable, il nous faut une rupture. On ne peut rentrer petit à petit dans la raison agissante, il nous faut l’illumination d'un éclair, qui nous ouvre à une « crise de soi » et nous sort de l’oubli de nous même, celui dans lequel nous étions plongés. Là, notre volonté d’autonomie peut reprendre corps

Investir dans le monde notre pensée, accepter qu’elle se heurte aux barrières du réel, et qu’elle s’élabore au fil de cette confrontation, permet à notre propre parole d’exister, à notre discours de prendre la place du discours de l'autre. Il nous permet de réapprendre à parler par nous-mêmes, à laisser vivre notre imaginaire, car c'est lui qui enfante le réel en donnant sens à notre monde.

L'homme que nous sommes, cet animal inconsciemment philosophique et poétique (Castoriadis), a été piégé. Son imaginaire a été piégé, son autonomie, détruite.

Il lui faut accueillir à nouveau son imaginaire, avoir l’audace de créer son réel pour assumer sa pleine responsabilité d’être vivant et … agir son monde.








J’ai écrit ce billet en prenant appui sur de précieuses conférences données par Jacques Darriulat et Monique Castillo évoquant les écrits d’Emmanuel Kant et de Cornelius Castoriadis.



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Tags Tags :  Loi   Regles   Investir   Crise 

Commentaire(s) :

1. Par Françoise le 16/02/2015
D'abord voir/comprendre/accepter le "piège"
Puis avoir cette audace que tu évoques
Ensuite à chacun son chemin
Enfin devenir auteur de sa vie ?
Tout est possible ou pas impossible ;-)
2. Par Wadih le 17/02/2015
Oui, auteur ...
Une "autorisation" qui ne peut venir que de soi ...

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