Entreprenariat social et coaching

Identité Créatrice - Entreprenariat social et Coaching Professionnel et Solidaire
Le Cercle de l'Union Interalliée nous a accueillis en ce samedi 23 janvier dans le cadre d’un espace d’échange organisé à l’initiative de l’INSEAD, pour questionner le rapport entre capitalisme et pauvreté.

Mettre en perspective la capacité et les limites du capitalisme pour résorber la pauvreté tout en créant de la richesse et surtout parler de plusieurs initiatives associatives et entrepreneuriales.
 


… Et Coaching


Il y a une quinzaine d’années de cela, je me lançais dans une activité qui consistait à manager des entreprises dont l’objet était d’accompagner des personnes en grande précarité. C’était un appel du cœur.

Là, je me suis surpris à regarder l’autre, commencer à percevoir ce qui le mettait en mouvement, ce qui va, ce qui va moins bien, ce qui dérape quelquefois. Je me rappelle encore certains moments où j’ai laissé résonner en moi les blessures, les cassures, mais aussi la joie de vivre et l’envie des personnes qui me faisaient face.

Être présent et agir dans cet espace là c’est adhérer à un certain nombre de principes qui parlent de l’homme face à son travail mais aussi dans le rapport qu’il a à son monde et à son existence.

Me replonger dans cet engagement solidaire et entendre, dans ce lieu, cette implication tellement particulière, de plusieurs acteurs de grandes structures françaises à rayonnement international et d’organisations plus petites mais tout aussi agissantes m’a ému et a eu pour moi un pouvoir évocateur et porteur en terme de coaching. J’avais envie de le partager avec vous.

Aux côtés de Maria Nowak, nous avons eu le plaisir d’entendre Georges Pauget, Olivier Kayser, Arnaud Mourot, Claude Darnault, André Decoster, Saïd Hammouche, Jean-Michel Ricard* …

Je vous propose ici quelques idées saisies au gré des mots, des idées qui, si on les pose comme ferment de notre démarche, ancrent et appellent le coaching dans sa dimension humaine et environnementale. Des paroles qui résonnent d’une façon particulièrement signifiante pour le coach que je suis…


Le rapport à l’autonomie


Dans le monde de l’insertion et de l’humanitaire c’est une question centrale. Comment la personne se remet debout par l’énergie qu’elle réussit à aller puiser, en elle-même …

En coaching, cela parle de mon attention permanente à ne pas créer de dépendance et permettre au coaché de se développer en prenant soin de tous ses degrés de liberté.


Les gisements de potentialités

« Atterrir » dans un lieu et détecter rapidement qui va œuvrer, qui va porter le changement, en partant toujours de l’hypothèse que les potentialités sont réelles, que la terre est fertile

Notre regard de coach s’attache aussi à capter cette belle lumière qui émerge des personnes que nous accompagnons et tout cela parle de notre vision du monde, nous savons que les coachés sont porteurs de leur devenir, qu’ils ont des aptitudes inouïes qu’ils n’ont pas toujours eu l’occasion de mettre en œuvre …


L’action publique et les acteurs locaux


Souvent, il y a une dichotomie qui se crée entre le gouvernement, les pouvoirs publics et les associations qui œuvrent sur le terrain. Les deux ont un rôle à jouer.

Dans son développement, le coaché est au centre d’influences qui émergent de son entreprise et de son écosystème et d’autres qui naissent localement dans les services. Il doit « faire avec » ces différents courants.

De la même façon, quand il œuvre au quotidien, il sait quelles actions sont en mesure d’impacter localement et celles qui pourraient toucher l’entreprise.


La co-construction

Prendre part à un chantier humanitaire, être porteur d’un projet de développement social ne peut se faire en restant isolé. Émerge là la nécessité de s’y mettre à plusieurs, de se servir des compétences locales pour agir.

Ici encore, ce terme résonne étrangement bien avec le coaching et lui redonne sa juste place, à côté de la thérapie et au-delà de la formation.


Le rôle des femmes dans le développement social


Plusieurs témoignages au cours de cette présentation sont venus affirmer le rôle des femmes dans cette reprise en main de situations difficiles. Dans les exemples donnés, la plupart des prêts ou dons consentis ont été portés par des femmes.

Alors, pourquoi évoquer cela en coaching ?

En nous existe une partie qui décide, qui avance, qui tranche. C’est la partie que l’on pose souvent, d’une façon archétypale, du côté de l’énergie masculine.

Et il y en a une autre qui est plus « en creux », dans la réception, qui « prend soin » du système et qui est plus associée au féminin en nous.

En coaching découvrir ou développer cette part féminine signe l’ouverture à cette nouvelle écoute en soi qui permet d’accueillir le changement, la transformation, le renouveau …


Les stratégies hybrides en terme de développement


Il semble évident que dans le social, il soit nécessaire d’envisager des stratégies hybrides. En mathématiques, on les appellerait les stratégies mixtes (par opposition aux stratégies pures) face aux situations rencontrées.

En Coaching, ça évoque pour moi la façon dont les coachs finissent par agir naturellement, de leur propre légitimité, à force d’avoir été puiser dans différentes disciplines, différents courants, différentes « écoles ».

Ca évoque aussi pour moi certains moments de la séance où l’on va poser « les actes » qui nous sembleront les plus utiles et qui relèvent de courants différents, qui vont appeler d’autres formes d’intelligences ou de dispositions comme le dessin ou l’écriture …


Changement de paradigme


J’ai notamment entendu cette « histoire » … Quand quelqu’un a faim, vous pouvez lui donner un poisson et il n’aura plus faim aujourd’hui, Vous pouvez lui apprendre à pêcher et il n’aura plus faim pendant un certain temps, Vous pouvez aussi l’aider à révolutionner l’industrie de la pêche et il n’aura plus jamais faim …

En coaching, la littérature anglo-saxonne parle de « paradigm shift ». Pour moi ça se situe entre le recadrage simple et le « glissement » de la vision du monde.

Défocaliser, prendre de la hauteur, envisager autrement le réel, revoir sa théorie du monde … L’une des bases du coaching.


Redonner du sens à l’activité économique

ou, dit autrement,

« performance with purpose »


Tout le monde s’entend sur l’importance de la notion de performance dans les organisations. Celle-ci devient « valide » si l’on est capable d’y rajouter du sens, pour soi.


Au-delà de la donnée quantitative, les changements sont reliés à un saut qualitatif qui parle souvent d’innovation


Là aussi la jonction action sociale/humanitaire et coaching est réelle et nous ouvre à un questionnement, faire un peu plus de la même chose ou changer radicalement sa façon de faire et ainsi découvrir d’autres alternatives … ?


Le green washing et le social washing

L’éco-blanchiment ou le blanchiment social qui peuvent être utilisés pour donner une image sociale ou écologique de l’entreprise sans pour autant adhérer à l’esprit de la démarche.

Ce qui m’est venu en entendant cela, c’est une question … Qu’en est-il du coaching-washing ?

J’ai déjà eu des demandes de coaching qui n’en étaient pas. Certaines demandes que l’on nous formule (pour d’autres) ressemblent quelquefois étrangement à un alibi rassurant de celui qui préconise le coaching pour le conforter dans ses positions initiales… « Quoi qu’on fasse, ça ne marchera pas », « Nous lui avons même proposé un coaching, pour tenter … mais ça n’a pas fonctionné ».

C’est de la responsabilité du coach de ne pas s’engager s’il pressent cette demande de « validation » d’un « échec annoncé » dont il sera le porteur ou le garant.


Pacte de base pour la personne, créer de la richesse et prendre en compte ce qu’elle est


Belle exigence humaine, prendre en compte l’être dans sa totalité.

Engagement nécessaire en coaching, l’homme comme « agent de la performance » mais aussi comme acteur de tous les systèmes : le sien, celui de l’équipe, du service, de l’entreprise, de la cité …


Appréhender les richesses de toutes les approches

Ce que j’ai entendu, lors de cette conférence, c’est le souci de rester ouvert à ce qui existe déjà, à ce qui fait sens, une ouverture aussi à l’ensemble des acteurs.

Pour le coaché cela peut signifier cette ouverture nécessaire pour découvrir l’autre … redevenir curieux de l’autre et du système pour accepter d’ « intégrer » en soi le monde qui nous entoure.


Pour un développement durable, prendre en compte l’insertion de l’homme et son environnement …

Là également, cela fait sens en coaching. Comment l’homme aborde son rôle, sans oublier le jeu des acteurs, le périmètre sur lequel il peut apprendre à exister, avec ses propres valeurs, engagements, positions …


Pour finir, avec un sourire, une belle maxime prononcée, complétée par mes soins,

Donnez du lait à un homme … vous le nourrirez,
Apprenez-lui à traire une chèvre … il se nourrira tout seul,

… proposez-lui un coaching et il prendra, en plus, soin de la chèvre !


Se frotter à la question humanitaire et sociale c’est s’ouvrir à la question de l’être et développer cette perception d’appartenir au même éco-système, prendre soin de cette belle histoire qui se crée, histoire de la terre, histoire des hommes dans cette très belle interdépendance qui est la nôtre.



* quelques sites pour aller plus loin ...

www.elevagessansfrontieres.org
www.agrisud.org
www.danonecommunities.com
www.sielbleu.com
www.hystra.com
www.ashoka.asso.fr
www.ateliercadence.com
www.maplaneteetmoi.com




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Tags Tags :  humanitaire   Principes   Coeur   Paradigme   Initiatives   Associatives   Capitalisme   Solidaire 

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